Si vous tirez la joue vers l’extérieur et que vous respirez soudain mieux, vous avez peut-être déjà appris quelque chose d’utile sur votre nez. Les problèmes de valve comptent parmi les causes les plus fréquentes de nez bouché après une rhinoplastie, et parmi les plus accessibles à un traitement. Cet article décrit les signes qui doivent y faire penser, explique ce qu’est la valve et montre comment on la répare.
Narine qui se colle, air qui passe mal : les signes d’un collapsus
Le signe typique est une gêne à l’inspiration par le nez, plus forte quand on respire vite ou profondément, souvent soulagée quand on tire doucement la joue. Vous pouvez voir une narine se pincer à chaque inspiration. Seul un examen permet de confirmer le diagnostic.
Voici les situations qui reviennent le plus :
- Inspirer est plus difficile qu’expirer.
- La gêne augmente à l’effort, par temps froid ou en dormant sur un côté.
- Une narine ou les deux paraissent pincées, surtout sur une inspiration profonde.
- Une bandelette nasale ou un petit dilatateur interne ouvre le passage.
- Les sprays n’aident pas, ou très brièvement.
La manœuvre de Cottle
Pendant la manœuvre de Cottle, l’examinateur tire doucement la peau de la joue vers le côté pendant que vous inspirez. La paroi se soulève et la valve s’élargit. Si vous respirez mieux de ce côté, un rétrécissement de la valve y contribue probablement.
C’est un indice rapide, pas un examen complet. Un résultat positif peut venir d’autres problèmes, et un résultat négatif n’écarte rien. Le chirurgien ou l’ORL le complète par l’examen de l’intérieur du nez, par l’observation des parois à l’inspiration et par la lecture de votre compte rendu opératoire.
Ce qui donne la même impression
Une cloison déviée, des cornets volumineux, un gonflement allergique ou des brides cicatricielles se ressentent de façon voisine. Notre article sur les difficultés respiratoires après une rhinoplastie insiste pour cette raison sur l’examen avant tout traitement. Plusieurs causes coexistent souvent.
La valve nasale : où se trouve-t-elle et que devient-elle ?
La valve nasale est la région la plus étroite du passage de l’air. Le collapsus est un affaiblissement ou un rétrécissement des structures qui la forment : les parois se rapprochent à l’inspiration. Quand le soutien manque, un déplacement minime vers l’intérieur peut bloquer nettement le débit.
Ce n’est pas un clapet unique. La cloison, les cartilages latéraux supérieurs et le plancher du nez s’y rejoignent. Dans un passage aussi étroit, la moindre variation se ressent, ce qui explique que des gestes opératoires modestes aient parfois un effet net sur la respiration.
Valve interne, valve externe
Les chirurgiens distinguent habituellement deux zones :
- La valve interne : l’angle entre la cloison et le cartilage latéral supérieur, plus haut à l’intérieur du nez.
- La valve externe : l’orifice de la narine, soutenu par les cartilages latéraux inférieurs et les tissus mous du bord narinaire.
Les deux peuvent s’affaisser, et beaucoup de patients présentent un mélange. La zone en cause détermine le greffon ou la suture le mieux adapté. La page sur la rhinoplastie secondaire fonctionnelle replace ce sujet dans l’ensemble des causes de gêne respiratoire.
Comment un collapsus apparaît-il après une rhinoplastie ?
Le plus souvent, le cartilage de soutien a été affaibli, trop réduit ou détaché. Réduire une bosse sans reconstruire la voûte moyenne, ou retirer trop de cartilage latéral inférieur, supprime la charpente qui garde la voie aérienne ouverte. La rétraction de la cicatrice peut ensuite resserrer encore le passage.
Parmi les causes opératoires les plus courantes :
- une réduction de bosse trop poussée, qui sépare les cartilages latéraux supérieurs de la cloison ;
- une résection excessive de la partie latérale des cartilages de la pointe ;
- un prélèvement de cartilage pour greffe sans remplacement du soutien ;
- un resserrement du nez pour l’affiner à l’excès ;
- un cartilage mince ou fragile dès le départ.
Certains nez étaient fragiles depuis toujours : ils fonctionnaient avant l’opération et n’ont plus tenu quand le cartilage a été modifié. Il ne s’agit pas de chercher un responsable, mais cela explique qu’une même opération laisse l’un sans gêne et l’autre avec un vrai handicap respiratoire.
Le collapsus se mêle d’ailleurs à d’autres problèmes : une pointe pincée rétrécit souvent la valve externe, comme le montre l’article sur la pointe du nez pincée.
Comment répare-t-on le collapsus de la valve ?
On reconstruit le soutien qui maintient la valve ouverte, avec des greffons et des sutures choisis selon l’endroit exact de l’affaissement. Les greffons d’écartement traitent la valve interne, les greffons de renfort ou de bord narinaire traitent la valve externe, et des sutures d’évasement peuvent ajouter de la largeur.
| Zone touchée | Geste habituel | Effet |
|---|---|---|
| Valve interne | Greffons d’écartement (spreader grafts) | Élargissent l’angle, redressent le milieu du nez |
| Valve externe | Greffon de renfort (batten) ou de bord narinaire | Empêchent la paroi de la narine de s’affaisser |
| Angle de la valve | Sutures d’évasement | Rouvrent l’angle, souvent associées aux greffons |
| Cloison déviée ou très réséquée | Redressement ou reconstruction de la cloison | Donne une base solide avant de greffer |
Greffons d’écartement
Ce sont de fines bandes de cartilage glissées entre la cloison et les cartilages latéraux supérieurs. Elles ouvrent l’angle de la valve interne et redressent le milieu du nez. Comme elles élargissent légèrement le dos du nez, elles aident aussi à retrouver une ligne naturelle après une réduction de bosse.
Greffons de renfort et de bord narinaire
Le greffon de renfort est un petit morceau de cartilage posé en travers de la paroi fragile de la narine pour l’empêcher de s’effondrer. Le greffon de bord soutient le rebord de la narine. On les utilise quand les cartilages latéraux inférieurs sont faibles, trop réduits ou mal positionnés.
Sutures d’évasement et travail sur la cloison
Les sutures d’évasement remodèlent l’angle de la valve et accompagnent parfois les greffons. Lorsque la cloison est déviée ou très réséquée, il faut parfois la redresser ou la reconstruire d’abord, pour disposer d’un support solide.
D’où vient le cartilage
Les greffons exigent du cartilage. En reprise, le septum est souvent épuisé : on prélève alors du cartilage de l’oreille (conque) ou de la côte, selon la solidité et le volume nécessaires. Notre comparatif cartilage costal ou auriculaire montre comment les chirurgiens arbitrent, et la page sur la greffe de cartilage en rhinoplastie va plus loin.
Quels résultats peut-on attendre ?
La plupart des personnes atteintes d’un vrai collapsus peuvent espérer une nette amélioration du passage de l’air après la réparation, mais tous les cas ne retrouvent pas une respiration sans aucune gêne. Le résultat dépend de l’anatomie, de la cicatrice et de la cause. L’objectif honnête est un mieux, pas un nez sans défaut.
Le gonflement dure plus longtemps après une reprise qu’après une première opération. Pendant les premiers mois, le débit d’air peut ne sembler que partiellement amélioré, et le nez continue d’évoluer pendant 12 à 18 mois, la pointe en dernier.
Les greffons modifient aussi la forme : un greffon d’écartement peut élargir un peu le dos du nez, et les greffons de bord peuvent changer le contour des narines. Un plan sérieux prévoit l’aspect final, pas seulement la respiration.
Que faire en France si vous soupçonnez un collapsus ?
Parlez-en à votre médecin traitant ou consultez un ORL, qui examinera l’intérieur de votre nez. Vous pouvez aussi demander l’avis du chirurgien qui vous a opéré. Apportez votre compte rendu opératoire si vous l’avez : il indique ce qui a été retiré ou réséqué.
Sur la prise en charge, restez prudent. Une chirurgie purement esthétique n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie, alors que certains gestes réalisés pour un motif médical, comme une gêne respiratoire, peuvent l’être sous conditions, parfois après une demande d’entente préalable, au cas par cas, selon une réponse d’un expert ameli. Une opération programmée à Istanbul n’est en règle générale pas remboursée, d’après le CLEISS.
Si vous souhaitez l’avis de notre équipe, l’évaluation en ligne commence par l’envoi de vos photos et des détails de votre opération précédente. Pour l’ensemble des causes et des techniques de réparation, reportez-vous à la page sur la rhinoplastie secondaire fonctionnelle.