Certains nez posent problème non pas à cause de ce qu’ils contiennent, mais à cause de ce qui leur manque. Une résection excessive retire l’échafaudage qui tient le dos du nez, maintient la pointe en place et garde le passage de l’air ouvert. Réparer un tel nez revient à le reconstruire, ce qui change les techniques employées comme le cartilage choisi. La page sur la greffe de cartilage en rhinoplastie présente les greffons évoqués plus bas.
Les signes d’un nez trop réduit
Un nez trop réduit montre le plus souvent un dos du nez creusé ou en selle, une pointe pincée ou rétractée, et une impression de manque de tissu. Certaines personnes respirent aussi moins bien, car les parois latérales ont perdu leur soutien.
Les patients décrivent en général :
- un creux au milieu du dos du nez, ou un dos du nez trop bas ou trop étroit ;
- une pointe pincée, tirée vers le haut ou sans projection ;
- des bords de greffon ou d’os qui se voient sous une peau fine ;
- des narines qui se collent vers l’intérieur à l’inspiration ;
- un nez qui semble s’être dégradé au fil des années.
Ce dernier point n’est pas une impression : les tissus mous se rétractent autour d’une charpente affaiblie. Un nez qui paraissait acceptable à quelques mois peut sembler plus petit et plus étroit ensuite, et la cicatrice qui se resserre le fait paraître plus nettement « opéré » avec le temps. C’est pourquoi le problème se remarque souvent progressivement. Si le creux se voit surtout de profil, notre article sur le nez en selle après une rhinoplastie détaille ses causes et ses réparations.
Comment en arrive-t-on là ?
Un nez est trop réduit quand on a retiré plus d’os, de cartilage ou de cloison qu’il ne pouvait en perdre, sans remplacer la structure. Un nez fin, fragile ou mal soutenu a moins de marge.
Les circonstances les plus fréquentes sont :
- Une réduction de la bosse qui abaisse le dos du nez plus que prévu.
- Un amincissement important des cartilages latéraux inférieurs.
- Un large prélèvement de cloison sans conserver de charpente solide.
- Plusieurs opérations, chacune retirant un peu plus.
- Des greffons d’une opération antérieure résorbés ou déplacés.
D’autres situations peuvent aussi produire une forme en selle : traumatisme, infection, certaines maladies inflammatoires, consommation de certaines substances. Si la cause n’est pas évidente, le chirurgien la cherche avant de planifier la réparation.
Une résection excessive ne traduit pas toujours une faute de technique. Un nez peut être correct à la fin de l’opération et perdre son soutien ensuite, pendant la cicatrisation. Dans les deux cas, le principe de la réparation reste le même : remettre de la structure. Il n’est pas nécessaire de juger le premier chirurgien pour préparer la suite.
Récupérer le compte rendu de votre première opération
Si vous avez été opéré en France, vous pouvez obtenir votre dossier médical, compte rendu opératoire compris : demandez-le par écrit au chirurgien ou à l’établissement, sans attendre la consultation de reprise.
Selon le Code de la santé publique, tout patient peut accéder aux informations de santé détenues par un professionnel ou un établissement, directement ou par l’intermédiaire d’un médecin qu’il désigne. Les documents sont communiqués au plus tôt 48 heures après la demande et au plus tard 8 jours après, ou 2 mois si les informations ont plus de 5 ans. La consultation sur place est gratuite ; vous ne payez que les copies et l’envoi. Le compte rendu opératoire figure parmi les éléments d’un dossier hospitalier. Si la demande reste sans réponse, vous pouvez saisir la CADA dans un délai de 2 mois (article L1111-7 du Code de la santé publique ; service-public.fr, dossier médical).
Ces règles visent les professionnels et les établissements français. Si votre première opération a eu lieu à l’étranger, elles ne fixent pas vos droits : mieux vaut réclamer le dossier le plus tôt possible. Votre médecin traitant peut vous aider à formuler la demande. Sans compte rendu, le plan reste possible, mais il peut être plus prudent.
Acide hyaluronique ou petit greffon : suffisent-ils ?
L’acide hyaluronique ou un petit greffon de recouvrement peuvent parfois camoufler un creux léger et stable, mais ils ne reconstruisent pas une structure manquante et ne conviennent pas à une résection excessive sévère. Quand la charpente est insuffisante, ajouter du volume par-dessus ne rétablit ni le soutien, ni la respiration, ni la forme à long terme.
Les injections dans le nez comportent de vrais risques, dont des complications vasculaires, détaillés dans l’article sur l’acide hyaluronique après une rhinoplastie. En résumé, elles peuvent servir de retouche sur un nez à la structure saine, mais ne conviennent pas à un nez qu’il faut reconstruire.
Un petit greffon peut suffire quand le problème est limité. Le chirurgien en décide après l’étude de vos photos et, idéalement, du compte rendu de votre opération.
Comment reconstruit-on un nez trop réduit ?
On rebâtit un nez trop réduit en ajoutant du cartilage de structure là où il manque : souvent de la côte pour la cloison et la pointe, de la côte ou du cartilage en dés enveloppé de fascia (DCF) pour le dos du nez. La peau et les tissus mous se redrapent ensuite sur cette nouvelle charpente.
L’opération se fait le plus souvent par voie ouverte, pour que le chirurgien voie toute la charpente. Elle se déroule sous anesthésie générale et dure en général de 3 à 5 heures, avec le plus souvent une nuit à l’hôpital.
Le dos du nez
Pour un creux léger, une bandelette de cartilage sculptée et posée le long du dos du nez peut suffire. Pour un défaut plus grand ou irrégulier, les chirurgiens recourent souvent à la technique DCF : le cartilage est coupé en très petits fragments, enveloppé dans le propre fascia du patient et modelé en un greffon souple et lisse. Il épouse bien les défauts de contour et ménage mieux une peau fine qu’une pièce rigide d’un seul tenant.
Pour une selle sévère, on peut utiliser un greffon costal sculpté d’un seul bloc, parfois recouvert de cartilage en dés pour une surface plus lisse. Le choix dépend de la profondeur du défaut, de l’épaisseur de la peau et de la quantité de matière disponible.
La cloison et la pointe
Si la cloison a disparu ou s’est affaiblie, il faut parfois la reconstruire avant de bâtir le dos du nez dessus. La pointe a souvent besoin de soutien elle aussi : étai columellaire, greffons de pointe ou greffons de bord narinaire. L’article sur la pointe du nez pincée explique leur usage.
Pourquoi la côte revient si souvent
Les patients en reprise ont fréquemment peu de cloison restante, et le cartilage de l’oreille est fin et courbe. La côte apporte plus de volume et de solidité. Elle a ses contreparties : une petite cicatrice sur le thorax, une gêne au site de prélèvement et un risque de déformation. La comparaison cartilage costal ou cartilage de l’oreille les met côte à côte, et la page sur la greffe de cartilage donne la vue d’ensemble.
Convalescence et résultat : à quoi s’attendre
La convalescence après une reconstruction ressemble à celle des autres reprises, avec une phase d’œdème plus longue et, si la côte est utilisée, un site de prélèvement thoracique à cicatriser. Les patients restent en général 10 à 14 jours à Istanbul ; l’attelle et les points sont retirés entre le 7e et le 10e jour.
Les ecchymoses ont presque disparu au bout de 2 semaines environ, et beaucoup de personnes reprennent un travail de bureau à peu près au même moment. On évite les sports de contact et les charges lourdes pendant environ 6 semaines. Les lunettes qui reposent sur le dos du nez sont déconseillées pendant environ 6 semaines, et plus longtemps après un dos du nez reconstruit avec de la côte.
En reprise, l’œdème dure plus longtemps qu’en première intervention. La forme continue de s’affiner pendant 12 à 18 mois, la pointe se stabilisant en dernier. Les photos des premières semaines peuvent paraître gonflées et inégales, ce qui est attendu.
L’objectif réaliste est un nez mieux soutenu et d’aspect plus naturel, avec une respiration améliorée quand elle posait problème. On vise une amélioration, pas l’absence de tout défaut. La qualité de la peau, les tissus cicatriciels et la quantité de soutien disponible influencent le résultat, et un plan sérieux expose ces limites avant l’opération. Pour le délai à respecter et les critères d’indication, le guide de la rhinoplastie secondaire est le point de départ.