Greffe de cartilage en rhinoplastie secondaire

Nez en selle après une rhinoplastie : causes et reconstruction

7 min de lecture Mis à jour le Relecture médicale

Réponse courte

Un nez en selle est un creux du dos du nez dû à une perte de soutien après un traumatisme, une maladie ou une opération. La réparation dépend de la structure manquante, de la peau, de la muqueuse, de la respiration et du cartilage disponible. Un défaut léger demande peu de soutien, alors qu'un effondrement important exige souvent une reconstruction par étapes.

Points clés

  • Un dos du nez creusé peut venir d'une perte d'os, de cartilage, de tissu cicatriciel ou de tissus mous.
  • La cause et la gravité doivent être évaluées avant de choisir un greffon.
  • L'acide hyaluronique peut camoufler un petit défaut, mais il ne reconstruit pas la charpente.
  • Greffons d'écartement, greffons de recouvrement, cartilage en dés et côte ont chacun un rôle.
  • La reprise se planifie en général une fois la cicatrisation et l'œdème stabilisés.

Vous regardez votre profil : le dos du nez est devenu plat ou creusé, alors qu’il était droit avant l’opération ou juste après. Ce creux porte le nom de nez en selle. Il traduit un manque de soutien, une atteinte des tissus, un traumatisme ou une évolution de la cicatrisation, et il peut aussi rétrécir le passage de l’air. On ne le répare pas avec un greffon standard posé chez tout le monde : le plan de reconstruction part du défaut réellement constaté.

Nez en selle : de quoi parle-t-on exactement ?

Un nez en selle est un creux du dos du nez dû à un soutien insuffisant, souvent avec un profil plus plat et parfois une pointe raccourcie ou plus relevée.

Le dos du nez repose sur l’os, les cartilages latéraux supérieurs, la cloison, la peau et la muqueuse interne. Si l’une de ces couches s’est affaiblie, le nez perd de la hauteur ou devient concave. Certaines personnes s’en aperçoivent peu après l’opération, d’autres quand l’œdème baisse. Un traumatisme, une infection ou une maladie inflammatoire peuvent aussi produire cet aspect : l’expression seule n’indique donc pas la cause.

La gêne est parfois surtout esthétique, mais la respiration peut être touchée. Quand le soutien de la voûte moyenne diminue, la valve nasale interne se rétrécit ; une cloison abîmée ou cicatricielle ajoute de l’obstruction. L’évaluation ne se limite donc pas à une photo de profil : elle examine la respiration de chaque côté, la cloison, les valves, la muqueuse et le cartilage encore disponible. Le guide de la greffe de cartilage en rhinoplastie explique comment on choisit la matière des greffons en reprise.

D’où vient l’affaissement du dos du nez ?

Le dos du nez s’affaisse quand trop de soutien a été retiré, quand le cartilage restant est fragile ou quand la cicatrisation tire la charpente vers le bas.

Les facteurs les plus souvent en cause sont :

  • L’ablation ou l’affaiblissement de la cloison dorsale, des cartilages latéraux supérieurs ou de leur zone de jonction.
  • Un dos du nez trop abaissé, qui n’a plus assez de matière pour garder sa hauteur.
  • Une infection, une cicatrice importante ou une mauvaise cicatrisation.
  • Un traumatisme sur un nez déjà fin et peu soutenu.
  • Une perforation de la cloison ou une atteinte de la muqueuse interne.
  • Une maladie inflammatoire ou générale qui touche le cartilage et les tissus mous.

Ces causes s’additionnent souvent. Un dos du nez bas associé à une respiration difficile peut refléter à la fois une perte de soutien dorsal et un rétrécissement de la valve interne. Le compte rendu opératoire, les anciennes photos et l’examen actuel permettent au chirurgien de distinguer ce qui a été retiré de ce qui reste utilisable. Notre article sur le nez trop réduit après une rhinoplastie décrit le schéma plus large d’une ablation excessive de structure. Si une perforation vous préoccupe, lisez aussi l’article sur la perforation septale après une rhinoplastie.

L’acide hyaluronique peut-il corriger un nez en selle ?

Un traitement non chirurgical peut masquer un petit creux stable, mais il ne reconstruit pas une charpente affaissée et ne corrige pas de façon fiable une obstruction.

On peut y songer dans des cas choisis, quand la gêne vient d’une petite irrégularité de contour et que la structure du nez reste stable. L’acide hyaluronique apporte du volume, pas de la solidité : il ne remplace pas un soutien de cloison perdu. Les injections dans le nez comportent par ailleurs des risques vasculaires rares mais graves, dont une atteinte de la peau et des complications visuelles. La décision ne se prend qu’après un examen approprié, jamais sur une simple photo envoyée par internet.

Un produit injecté peut aussi compliquer une opération ultérieure, parce qu’il persiste parfois ou modifie les tissus. Si le dos du nez s’enfonce, si l’air passe mal, si la peau est tendue ou si le défaut est moyen à important, on discute plutôt d’une reprise de structure, dont le but est de rétablir le soutien en ménageant la peau, la muqueuse et la vascularisation. L’article sur l’acide hyaluronique après une rhinoplastie précise les cas où cette option garde un sens.

Combien de temps attendre avant de réparer ?

On attend en général que l’opération précédente ait assez cicatrisé pour que l’anatomie se juge correctement. Le chirurgien peut recommander d’attendre au moins 12 mois, et davantage si l’œdème ou une peau épaisse persistent.

Une urgence fonctionnelle nette peut justifier d’agir plus tôt, mais c’est une décision du chirurgien, prise après examen de la cicatrisation, des symptômes et de l’état des tissus. Même après une reconstruction réussie, la forme continue de s’affiner pendant plusieurs mois ; une reprise vise l’amélioration, non l’absence de tout défaut.

Comment reconstruit-on un nez en selle ?

On reconstruit un nez en selle en rétablissant le soutien manquant, avec un plan de greffons adapté à la gravité du défaut, à son emplacement et aux tissus disponibles.

Le tableau ci-dessous aide à planifier. Il ne sert pas à vous auto-diagnostiquer et ne dit pas quelle matière recevra tel patient.

Situation constatée à l’évaluationBesoin de structureApproche de greffe envisageable
Creux léger et localisé, charpente stablePetit contour ou soutien de la voûte moyenneUn greffon de recouvrement limité ou des greffons d’écartement, selon l’emplacement
Aplatissement modéré avec un soutien partielHauteur du dos du nez et renfortGreffon de recouvrement, greffons d’écartement ou cartilage en dés enveloppé de fascia (technique DCF)
Perte modérée à importante, tissus fins ou cicatricielsPlus de volume et charpente stableReconstruction par couches de cartilage, parfois avec DCF et greffons de structure plus solides
Effondrement sévère ou peu de cartilage septal utilisableSoutien majeur du dos du nez et de la cloisonLe cartilage costal autologue peut fournir le volume et la solidité nécessaires

Les greffons d’écartement (spreader grafts) se placent le long de la cloison et peuvent élargir ou renforcer la voûte moyenne. Ils comptent surtout quand l’affaissement du dos du nez s’accompagne d’un rétrécissement de la valve interne, même si leur intérêt dépend de l’anatomie. Les greffons de recouvrement (onlay) ajoutent de la hauteur ou camouflent le dos du nez, à condition d’être sculptés et fixés avec soin.

Le cartilage en dés enveloppé de fascia lisse le contour du dos du nez et comble les espaces irréguliers. Il convient quand le plan demande un volume souple, mais suppose une charpente d’ensemble saine. Pour un effondrement majeur, on peut envisager le cartilage costal, qui offre plus de matière que la cloison ou l’oreille ; il ajoute toutefois une cicatrisation au site de prélèvement et des risques tels que la déformation ou la résorption, dont il faut parler avant l’opération. Notre article cartilage costal ou cartilage de l’oreille compare les sources.

La reconstruction peut aussi nécessiter un étai columellaire, une extension septale, un soutien de la paroi latérale ou le traitement d’une muqueuse cicatricielle. Quand la cloison est très abîmée, l’opération est plus complexe que de simplement relever le dos du nez. Comme le plan dépend aussi de la source de cartilage, les options de greffe en reprise se discutent en même temps que le défaut du dos du nez.

Comment se prépare la consultation de reprise ?

La planification commence par l’étude de vos symptômes, des détails de votre opération précédente, de vos photos et de l’état actuel du nez, lors d’un examen en personne ou, au préalable, d’une évaluation en ligne structurée. Le chirurgien cherche ce qu’il reste de cartilage, si la muqueuse est saine et si l’affaissement s’associe à un collapsus valvulaire ou à une déviation de la cloison.

Une bonne consultation doit éclaircir cinq points :

  1. Quelles structures ont perdu leur soutien, et si la respiration est touchée.
  2. Quelle source de greffon est proposée, et pourquoi les autres conviennent moins.
  3. Si l’objectif est le camouflage, le soutien fonctionnel, la restauration de la hauteur, ou les trois.
  4. Quels risques concernent le nez et, le cas échéant, le site de prélèvement.
  5. Combien de temps l’œdème peut masquer le contour définitif, et quel suivi est proposé.

Qui consulter en France, et qu’en est-il de la prise en charge ?

Si votre respiration est gênée, commencez par votre médecin traitant ou un ORL, qui peut examiner le nez et la respiration pendant que vous préparez le dossier de la reprise.

Pour la prise en charge, retenez trois repères prudents, qui ne valent pas promesse. Une chirurgie purement esthétique n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie. Certaines opérations du nez faites pour une raison médicale, comme une gêne respiratoire due à une cloison déviée, peuvent être prises en charge sous conditions, parfois après une demande d’entente préalable : la décision revient à la caisse d’assurance maladie et à son médecin-conseil, au cas par cas (expert ameli, forum des assurés). Enfin, les soins programmés hors de l’Union européenne, Turquie comprise, ne sont en principe pas remboursés (CLEISS, soins à l’étranger). Ne comptez donc pas sur un remboursement pour une reprise faite à Istanbul.

Demandez toujours un devis qui détaille ce que comprend l’opération, et conservez le compte rendu opératoire de votre première intervention : il aide le chirurgien à savoir ce qui a été retiré. Le guide de la rhinoplastie secondaire rappelle les étapes de la démarche, de l’évaluation à l’opération.

Les questions des patients

Un nez en selle vient-il toujours d'une résection excessive ?

Non. La résection excessive est une cause possible, mais un nez en selle peut aussi suivre un traumatisme, une infection, une maladie inflammatoire, un cartilage fragilisé, des cicatrices ou une perte de soutien de la cloison. L'examen doit préciser si le problème est structurel, lié aux tissus mous, fonctionnel ou mixte, et la réparation traite la cause plutôt que d'ajouter du volume.

L'acide hyaluronique peut-il corriger un nez en selle ?

Il peut parfois camoufler un petit creux stable, mais il ne restaure ni la charpente ni une voie aérienne affaissée. Le nez contient des vaisseaux reliés à l'œil et au cerveau : l'injection comporte des risques vasculaires rares mais graves. Un spécialiste doit examiner le nez avant toute injection, et une reprise de structure est souvent plus sûre et plus adaptée.

Combien de temps faut-il attendre après la rhinoplastie pour réparer un nez en selle ?

On envisage en général une reprise au moins 12 mois après l'opération précédente, parfois plus tard quand l'œdème, la maturation des cicatrices ou une peau épaisse rendent la forme difficile à juger. Une urgence fonctionnelle nette peut justifier d'agir plus tôt, mais le calendrier relève du chirurgien, après examen de la cicatrisation, des symptômes et de l'état des tissus.

La respiration s'améliore-t-elle après la réparation ?

Elle peut s'améliorer quand l'affaissement du dos du nez a rétréci la valve nasale interne ou fragilisé la charpente de la cloison, mais rien n'est promis. Le chirurgien examine la cloison, les valves, les cornets, la muqueuse et les cicatrices. Les objectifs fonctionnels et esthétiques se discutent ensemble, car reconstruire le soutien agit sur le passage de l'air comme sur l'aspect.

Cette page donne des informations générales, rédigées pour les patients. Elle ne remplace ni une consultation ni un examen : seul un chirurgien qui vous a examiné peut définir le plan adapté à votre nez.

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