Un sifflement quand vous respirez, des croûtes impossibles à déloger, de petits saignements qui reviennent : ces signes peuvent évoquer un trou dans la cloison. Après une rhinoplastie, ils poussent beaucoup de personnes à chercher une explication que leur premier chirurgien n’a pas toujours donnée.
Cet article explique ce qu’est une perforation septale, pourquoi elle peut suivre une opération du nez, comment on la repère et en quoi consiste la réparation. Il s’inscrit dans notre ensemble sur la rhinoplastie secondaire fonctionnelle.
Sifflement, croûtes, saignements : à quoi ressemble une perforation ?
Les signes dépendent de la taille et de la position du trou. Les petits trous situés en avant sifflent plutôt, alors que les plus grands forment des croûtes et saignent. Certaines perforations ne donnent aucun symptôme.
| Symptôme | Ce que vous ressentez |
|---|---|
| Sifflement | Un son aigu en inspirant ou en expirant |
| Croûtes | Des croûtes sèches dans le nez, qui reviennent après le nettoyage |
| Saignements | De petits saignements répétés, souvent en retirant les croûtes |
| Obstruction | Une impression de blocage alors que les narines sont dégagées |
| Sécheresse | Une sécheresse constante ou une sensation de brûlure à l’intérieur |
Aucun de ces signes ne prouve une perforation. Croûtes et obstruction existent aussi pendant une cicatrisation normale, comme l’explique notre article sur les difficultés respiratoires après une rhinoplastie. Seul l’examen du nez, avec une lampe ou un petit endoscope, permet de la confirmer de façon fiable.
Qu’est-ce qu’une perforation septale, et d’où vient-elle ?
Une perforation septale est un trou à travers la cloison, la paroi qui sépare les fosses nasales gauche et droite. Après une rhinoplastie, elle signifie en général que la muqueuse des deux côtés a été lésée au même endroit, alors que le cartilage situé entre les deux manquait ou avait été retiré.
La cloison est faite de cartilage et d’os, recouverts de chaque côté d’une fine muqueuse accolée au cartilage (le muco-périchondre). Si cette muqueuse se déchire ou n’est plus irriguée des deux côtés au même point, la zone peut se nécroser et laisser une ouverture. Beaucoup de perforations sont petites et silencieuses ; d’autres gênent chaque jour.
Ce scénario suppose que les deux faces de la muqueuse soient abîmées en même temps, ce qui peut arriver lors d’une chirurgie de la cloison, pour la redresser ou prélever du cartilage. Les mécanismes habituels sont :
- Des déchirures de la muqueuse pendant la chirurgie de la cloison, juste en face l’une de l’autre.
- Une perte d’irrigation d’une zone de cloison après décollement ou cautérisation.
- Un hématome ou une infection de la cloison, qui peuvent abîmer le cartilage et la muqueuse.
- Des opérations répétées sur la cloison, qui laissent un tissu plus fin et moins résistant.
Une perforation peut aussi avoir des causes étrangères à la chirurgie : traumatismes nasaux répétés, certains produits utilisés dans le nez, certaines maladies. C’est pourquoi votre histoire compte autant que vos photos.
Comment confirme-t-on le diagnostic ?
Il faut un examen de l’intérieur du nez, car des photos prises de l’extérieur ne montrent pas un trou dans la cloison. En France, c’est le domaine naturel de l’ORL, que votre médecin traitant peut vous aider à consulter.
Le médecin examine chaque narine, souvent avec un petit endoscope. Il note la taille du trou, sa position (avant, milieu ou arrière) et l’état de la muqueuse autour. Ces éléments décident si une réparation est réaliste et quelle technique convient.
Si vous soupçonnez une perforation, demandez cet examen plutôt que d’attendre que les symptômes se calment. Apportez votre compte rendu opératoire si vous l’avez : savoir si la cloison a été opérée est précieux. Après une opération en France, vous pouvez demander votre dossier médical, dont le compte rendu opératoire fait partie : l’article L1111-7 du Code de la santé publique prévoit une remise entre 48 heures et 8 jours après la demande, ou jusqu’à 2 mois pour des informations de plus de 5 ans. Cette règle vaut pour les professionnels français et ne fixe pas vos droits pour une opération faite ailleurs.
Toute perforation doit-elle être opérée ?
Non. Une petite perforation sans symptôme ne demande souvent aucun traitement. Le choix dépend de la gêne ressentie et de ce que le trou implique pour votre nez.
Les options sont :
- La surveillance, quand il n’y a pas de symptôme.
- Les soins locaux : lavages au sérum physiologique, gels ou pommades hydratants, humidification de l’air pour limiter les croûtes.
- Un bouton septal, un dispositif souple qui bouche le trou et que certaines personnes utilisent comme solution non chirurgicale.
- La réparation chirurgicale, quand les symptômes persistent ou quand le nez doit de toute façon être repris.
La décision d’opérer repose sur les symptômes, la taille, la position et la qualité des tissus autour du trou.
En quoi consiste la réparation ?
On referme la muqueuse de chaque côté et on place en général un greffon entre les deux couches, pour reconstituer la barrière et lui donner un support.
Dans les grandes lignes, le chirurgien :
- libère la muqueuse autour du trou, des deux côtés ;
- referme chaque couche avec des lambeaux de tissu local, de façon que les deux réparations ne se trouvent pas l’une en face de l’autre ;
- place un greffon mince, souvent du fascia ou du cartilage, entre les couches pour soutenir la cicatrisation ;
- travaille souvent par voie ouverte, pour l’accès et la visibilité.
Les grands trous et ceux situés vers l’arrière sont plus difficiles à fermer, et toutes les perforations ne peuvent pas être entièrement réparées. L’attente honnête est une amélioration des symptômes, pas une fermeture assurée. Quand du cartilage est nécessaire, les options sont décrites dans notre page sur la greffe de cartilage en rhinoplastie.
Une perforation, et une reprise de rhinoplastie à prévoir ?
La perforation change le plan, car la cloison est à la fois une réserve de cartilage et un support de la structure du nez. Une cloison fragilisée peut retentir sur le dos et sur la pointe.
Le chirurgien peut réparer le trou pendant la même opération, échelonner le travail, ou prélever du cartilage de l’oreille ou de la côte à la place du cartilage septal. Le délai suit la règle habituelle : attendre environ 12 mois après la dernière opération. Notre guide sur la rhinoplastie secondaire explique comment une reprise est planifiée.
Beaucoup de personnes qui ont une perforation se plaignent aussi de respirer mal, et les deux sont parfois difficiles à séparer. Un rétrécissement de la valve ou une déviation restante peuvent gêner autant que le trou lui-même. La page sur la rhinoplastie secondaire fonctionnelle traite pour cette raison l’ensemble de la voie aérienne, et l’article sur le collapsus de la valve nasale décrit l’autre cause fréquente d’obstruction, qui peut coexister avec une perforation.
Que faire en attendant une évaluation ?
Des soins doux du nez réduisent les croûtes et les saignements qui rendent une perforation pénible. Ils ne ferment pas le trou, mais ils facilitent souvent le quotidien.
- Rincez au sérum physiologique selon les conseils de votre médecin.
- Utilisez un gel ou une pommade hydratante si on vous l’a recommandé.
- Évitez de gratter les croûtes, ce qui relance le saignement.
- Évitez de vous moucher fort.
- Signalez rapidement un saignement abondant ou qui ne s’arrête pas.
Si vous hésitez entre un vrai problème et une cicatrisation normale, les signes qu’une rhinoplastie est à reprendre sont un bon point de départ.
Et la prise en charge en France ?
Une chirurgie purement esthétique n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie, alors que certaines opérations du nez réalisées pour un motif médical peuvent l’être, sous conditions et parfois après une demande d’entente préalable. Une réponse d’expert ameli indique que la décision revient à la caisse (CPAM), au cas par cas. Nous ne pouvons pas dire si la réparation de votre perforation serait prise en charge : posez la question à la caisse, avec un devis qui fait apparaître le reste à charge. Une opération programmée à l’étranger n’est en règle générale pas remboursée, selon le CLEISS.
Envoyer vos photos et les détails de votre opération est la première étape pour connaître vos options, à travers notre évaluation en ligne. Un examen en personne par un spécialiste, par exemple un ORL, reste nécessaire pour confirmer la perforation elle-même.